Ça t’est sûrement déjà arrivé : tu détiens des actions à long terme, tu aimes l’entreprise, tu veux la garder, mais pendant des jours, des semaines ou même des mois le cours reste bloqué dans un range et tu as l’impression que ton argent est “immobile” sur ton compte. Le covered call te permet de transformer cette attente en un revenu réel, sans vendre tes actions ni renoncer à ta position.
Qu’est-ce qu’un covered call, exactement ?
La structure est très simple : tu détiens 100 actions d’un titre (une position longue qui existe déjà) et tu vends 1 call OTM (hors de la monnaie) sur ces mêmes actions. Les actions que tu possèdes déjà sont la “couverture” de ce call vendu.
À partir du moment où tu vends le call, tu encaisses une prime qui est ton revenu immédiat et tu fixes un plafond temporaire : si le cours monte au-dessus du strike, tu seras probablement assigné et tu vendras tes actions à ce niveau. Ta position cesse d’être “j’ai 100 actions et j’attends” et devient : j’ai 100 actions plus un flux de primes tant que le cours évolue dans un range raisonnable.
Un exemple chiffré : 100 actions Nike
Imagine que tu as 100 actions Nike en portefeuille et que le cours est autour de 65 $. Tu penses que l’entreprise se porte bien, tu veux la garder, mais tu n’attends pas d’explosion à la hausse à court terme.
- Position actuelle : +100 actions Nike à 65 $
- Tu vends 1 call 70 avec une échéance dans 30-45 jours
- Tu encaisses une prime de 1,40 $ par action = 140 $ de crédit
- Ton coût effectif baisse de 65 $ à 63,60 $ (65 − 1,40)
Scénario 1 : Nike monte au-dessus de 70 $
Si à l’échéance Nike est au-dessus de 70 $, tu seras normalement assigné. Tu vends tes 100 actions à 70 $ et tu gardes les 140 $ de prime. Bénéfice total : gain sur l’action (500 $) plus prime encaissée (140 $) = 640 $ avant commissions. Le “mais” est clair : si Nike s’envole bien plus haut, tu te retrouves “seulement” avec ces 640 $. Le covered call limite ton bénéfice maximal.
Scénario 2 : Nike reste latéral (63-69 $)
Le call expire hors de la monnaie. Tu conserves tes 100 actions et tu gardes l’intégralité de la prime de 140 $. Le covered call a fait exactement ce que tu cherches sur un marché latéral : il transforme l’“ennui” en revenu.
Scénario 3 : Nike chute fortement à 60 $
La prime de 140 $ amortit une partie de la baisse, mais ne l’élimine pas. Ta perte n’est pas de 5 $ par action, mais de 5 − 1,40 = 3,60 $ par action. Le covered call protège un peu lors des baisses modérées, mais lors d’une grosse chute l’effet de la prime est limité.
Comment je choisis le strike et l’échéance en pratique
Il y a deux décisions clés. Pour l’échéance, un range typique se situe généralement entre 30 et 45 jours : cela laisse à la stratégie le temps de travailler sans te laisser piégé éternellement. Pour le strike, je cherche un niveau au-dessus du cours actuel qui ait du sens sur le graphique.
Comment construire le covered call dans ProRealTime v13
Sur une plateforme comme ProRealTime v13 le déroulé est assez naturel :
- Ouvrir le graphique du sous-jacent (Nike, SPY, QQQ…) et marquer ta zone de résistance
- Aller à la chaîne d’options de l’échéance qui t’intéresse (30-45 jours)
- Chercher un call OTM avec une delta autour de 0,20-0,30 et un bon volume/open interest
- Simuler la position dans l’analyseur de stratégies : voir le bénéfice maximal, le point mort et les scénarios
Sur quelles actions cela a-t-il le plus de sens ?
La stratégie fonctionne mieux sur des sous-jacents très liquides à la fois en actions et en options, avec des spreads raisonnables entre le bid et l’ask, et qui ne bougent pas de façon erratique à la moindre nouvelle. Exemples typiques : de grands ETF comme SPY ou QQQ et des large caps du NYSE ou du Nasdaq. À l’inverse : de très petites actions peu liquides en options où les spreads te mangent la moitié de la prime rien qu’à l’entrée et à la sortie.
Gestion pratique : je la laisse aller jusqu’à l’échéance ou je la roule ?
- Cours loin du strike et peu de temps restant → la laisser expirer et en vendre une autre le mois suivant
- Le cours monte vite vers ton strike → envisager de rouler : racheter le call vendu et en vendre un autre avec un strike plus élevé et/ou une échéance plus lointaine
- L’action chute fortement et la prime se dégonfle → racheter le call très bon marché et attendre que le cours se stabilise avant d’en vendre un nouveau
Checklist avant de vendre un covered call
Veux-tu vraiment garder ces actions en portefeuille ou utilises-tu le covered call comme excuse pour ne pas vendre ?
As-tu au moins 100 actions (ou des multiples) du sous-jacent ?
As-tu choisi une échéance raisonnable (30-45 jours) ?
Le strike a-t-il un sens technique et une delta raisonnable (0,20-0,30) ?
Le sous-jacent et ses options ont-ils une liquidité suffisante ?
Sais-tu ce que tu feras si le cours s’envole, reste latéral ou chute fortement ?
Conclusion
Le covered call est une manière très directe d’encaisser des primes sur des actions que tu as déjà en portefeuille. Il ne transforme pas une mauvaise action en bonne, ni n’élimine le risque de fortes baisses, mais il améliore le profil de nombreuses positions qui, autrement, seraient simplement “endormies”. En échange, tu acceptes un plafond temporaire de bénéfice et la possibilité de rater une partie d’une hausse très forte. Si tu comprends bien cet échange et que tu l’appliques avec des critères clairs d’échéance, de strike et de liquidité, le covered call peut devenir une pièce très solide de ta boîte à outils avec les options.