Si tu trades des options depuis un moment, je te pose une question inconfortable : tu trades le marché d’aujourd’hui comme on le tradait en 2021 ? Parce que ce qui a changé, ce n’est pas un nouvel indicateur ni des bougies secrètes. Ce qui a changé, c’est la mécanique du jeu : qui apporte la liquidité, où se concentre le volume, comment tes ordres sont exécutés et ce que ça te coûte vraiment de trader même si la commission est ridicule. Si tu ne t’adaptes pas, il t’arrivera la même chose que d’habitude : analyse parfaite et argent perdu par friction.
Un marché des options plus grand et plus rapide que jamais
En 2025, tous les records ont été battus. Il y a eu des journées avec plus de soixante-dix millions de contrats négociés et des séances qui ont dépassé les cent millions. Ce n’est pas anecdotique : c’est un changement de régime. L’industrie est à un autre niveau de participation et de vitesse.
0DTE : les contrats qui ont déformé le marché
Les contrats 0DTE (zero days to expiration) — des options qui expirent le jour même — ont complètement déformé le comportement des indices. Et même si tu ne les trades pas, ils t’affectent. Quand une part énorme du volume se concentre sur des échéances aussi ultra-courtes, les flux changent, les rebonds changent, la volatilité autour des strikes change, et apparaissent des séances avec des mouvements super étranges, comme si le marché avait des aimants.
Routing et microstructure : le coût que tu ne vois pas
Si le volume des options monte et la concurrence aussi, le coût réel d’entrer et de sortir devient plus visible : spreads, glissements, qualité d’exécution. Et là entre un point clé : le routing et la microstructure.
Aux États-Unis, l’un des grands débats de ces années fut l’idée de forcer plus de concurrence dans l’exécution retail. La réalité, c’est qu’en 2025 la SEC a formellement retiré certaines des propositions, y compris la fameuse Order Competition Rule. Il n’y a pas eu ce grand virage réglementaire que beaucoup attendaient.
L’Europe en 2026 : l’interdiction du PFOF, c’est du sérieux
En Europe, 2026 est l’année où le Payment for Order Flow (PFOF) devient un sujet vraiment sérieux. Il y a déjà une interdiction dans un texte légal, avec une fenêtre transitoire que certaines juridictions peuvent prolonger jusqu’au 30 juin 2026. C’est un article direct du cadre européen.
Qu’est-ce que ça signifie pour toi ? Toute cette réglementation pousse les courtiers et les places de marché à réajuster les incitations. Il doit y avoir plus de focus sur la vraie meilleure exécution pour le client final. Il y a plus de pression sur les modèles à place unique (une seule place de marché) et plus d’importance à savoir où ton ordre est exécuté et avec quels coûts cachés.
La chambre de compensation bouge aussi
Les gens pensent que les options financières, ce sont simplement des primes, des deltas, des strikes… et ils oublient ce qu’il y a derrière. Il y a le clearing, il y a la marge, il y a des règles. L’Options Clearing Corporation (OCC) a mis à jour au fil du temps les cadres d’assignation et de coûts avec des marges pour les membres. Ce sont des choses difficiles à trouver car c’est de la réglementation et de la législation, mais elles nous affectent : elles influent sur la façon dont le risque est géré, sur le pricing et sur la liquidité pour toi en tant que trader.
Quand tu remarques que soudain certains strikes deviennent plus chers que d’habitude, ne pense pas que c’est un complot contre toi. C’est simplement une structure financière légale qui se trouve derrière.
CBOE et les options binaires : le retour du « tout ou rien » ?
Le côté retail se gamifie. D’un autre côté, le côté professionnel devient de plus en plus technique et rapide. On doit choisir de quel côté être, et spoiler : le côté rentable est presque toujours le professionnel.
Tick size et micro-coûts : impact sur tes spreads d’options
La SEC a adopté des réformes des incréments de prix minimum (tick size) pour certaines actions, cherchant plus de concurrence et d’efficacité. Et qu’est-ce que ça a à voir avec les options ? Que beaucoup des actions qu’on trade sont les sous-jacents de nos options. Les changements de tick size nous impactent sur les spreads, sur les fills et sur la qualité d’exécution des stratégies qui dépendent de bien entrer ou sortir.
Comment je m’adapte à tout ça
Mon protocole pour 2026
Plus sélectif : plus de liquidité, moins d’exotiques. Si le marché est plus rapide, je n’essaie pas d’être plus impulsif
Toujours des ordres à cours limité : aucun ordre au marché, point
Plus de plan de sortie : moins de « je verrai bien ». Avoir la clôture décidée avant d’ouvrir
Ne pas discuter avec le marché : s’il y a plus de 0DTE qui font bouger le marché, observer et utiliser les zones de congestion en ma faveur
Connaître mon courtier : savoir quel routage il utilise, quelles places de marché et quels coûts cachés a chaque opération
- Localiser les zones clés : là où le prix a tendance à freiner ou à accélérer par concentration de positions
- Choisir le côté professionnel : discipline, outils et processus face à la gamification retail
- Analyse et exécution sur ProRealTime : graphiques, chaîne d’options, smart routing et contexte de marché au même endroit
Conclusion
Le marché des options de 2026 n’est pas celui de 2021. Les records de volume, les 0DTE, le gamma dealer hedging, l’interdiction du PFOF en Europe, les changements de tick size et la pression réglementaire ont changé les règles du jeu. Il ne s’agit pas d’avoir plus d’indicateurs, mais de comprendre la mécanique qu’il y a derrière et d’adapter ton processus. Plus de sélectivité, plus de discipline et plus de conscience des coûts réels. Toute mon analyse et mon exécution, je les gère depuis ProRealTime, où je peux voir le contexte, mesurer les risques et exécuter sans perdre de vue le plan.