Cette semaine, j’ai eu la chance d’être invité sur le podcast de Tu Foro de Bolsa, où Paco Pepe et Paco m’ont posé une série de questions que beaucoup d’utilisateurs de la plateforme se posent mais auxquelles ils ne trouvent pas toujours de réponse claire. Version 13, commissions, conservation, effet de levier, multidevise, smart routing… Voici le résumé complet de tout ce qu’on a abordé.
ProRealTime V13 : la grande nouveauté, ce sont les options américaines
La question la plus attendue : qu’apporte la V13 par rapport à la V12 ? La réponse directe, c’est qu’après plus de 20 ans de développement de la plateforme, on a enfin intégré les options sur actions américaines. En Espagne, ce n’est pas quelque chose qui se trade beaucoup, mais en Allemagne, dans les pays nordiques et surtout aux États-Unis, c’est un instrument absolument clé.
La complexité de les ajouter n’est pas triviale : le marché OPRA (où cotent ces options) est le plus grand marché de données au monde. C’est pourquoi il nous fallait une bonne base de plateforme — la V12 nous l’a donnée, et c’est ce qui a permis le saut vers la V13 avec toute l’analyse de risque, les stratégies complexes et les outils dédiés au trading d’options.
- Options sur actions américaines avec le marché OPRA en temps réel
- Analyse de risque et stratégies complexes intégrées à la chaîne d’options
- Une interface modernisée et plus conviviale
- La V13 est déjà disponible en bêta pour les comptes logiciel ; pour les comptes réels, c’est prévu avant la fin de l’année
Si vous voulez voir toutes les nouveautés en détail, vous avez le tour complet dans l’article sur les nouveautés de ProRealTime V13.
ProRealTime Web vs ProRealTime Complète
Autre question récurrente : quelle différence entre la version web et la version complète ? La version web ne nécessite aucune installation, fonctionne depuis le navigateur avec identifiant et mot de passe, et est entièrement gratuite. Elle inclut le temps réel sur les actions européennes et américaines (marché CBOE), et permet de trader aussi bien avec Interactive Brokers qu’avec Saxobank.
La version complète, celle que les membres du forum ont pour 10 € par mois (au lieu des 36 € habituels), inclut près de 28 ans de développement : tous les outils professionnels, les indicateurs avancés, ProScreener, Volume Profile, les options, les futures et toutes les nouvelles fonctionnalités de la V13.
Ces crédits peuvent aussi servir à ajouter des marchés en temps réel (ils coûtent en général 6 € par marché). Si vous les avez accumulés, vous ne payez rien pour eux.
Conservation : zéro euro
Dans la banque traditionnelle, la conservation (custody) peut coûter cher. La réalité, c’est qu’aujourd’hui les actions ne sont plus des petits papiers physiques qu’il faut garder, donc facturer pour « conserver » quelque chose qui n’est pas conservé est un anachronisme. Les courtiers modernes comme Interactive Brokers ou Saxobank ne facturent absolument rien pour la conservation.
Pourquoi l’ouverture d’un compte prend-elle autant de temps ?
C’est la « question piège » qu’on m’a posée, mais elle a une réponse très claire : la réglementation. Interactive Brokers comme Saxobank, ainsi que ProRealTime lui-même (régulé par l’AMF française, équivalent de la CNMV espagnole), sont obligés de respecter le KYC (Know Your Client).
Cela implique une série de critères pour vérifier que l’investisseur a les connaissances minimales et le patrimoine adéquat pour trader. C’est pour ça qu’au lieu de prendre 10 minutes comme dans certains néobanques, chez ProRealTime ça peut prendre 20-25 minutes. C’est la différence entre être sérieusement régulé et ne pas l’être.
Virements : attention à la nouvelle réglementation européenne
Une nouvelle réglementation européenne vient de sortir et concerne toutes les banques : quand vous faites un virement, le bénéficiaire doit être indiqué exactement avec son nom complet enregistré, pas avec des abréviations. Si jusqu’ici vous aviez « IB » comme bénéficiaire, vous allez devoir le changer en « Interactive Brokers Ireland LTD » avec l’entité correspondante.
Garantie des fonds : 20 000 € + 100 000 €
ProRealTime ne conserve pas les fonds — ce sont Interactive Brokers ou Saxobank qui le font. Il y a ici une différence importante :
- Interactive Brokers — étant un courtier, l’Europe exige une garantie minimale de liquidité de 20 000 €
- Saxobank — étant une banque, elle est tenue de garantir 100 000 €
Si vous avez un compte chez les deux via ProRealTime, au total 120 000 € de liquidité sont garantis. Important : les actions sont nominatives, donc cela ne concerne que la liquidité non investie.
De plus, Interactive Brokers répartit chaque nuit toute la liquidité de ses clients entre des dizaines de banques du monde entier (ségrégation des fonds), justement pour éviter le risque de faillite d’une banque en particulier.
Effet de levier : compte margin vs compte cash
L’effet de levier chez Interactive Brokers n’est pas comme chez d’autres courtiers qui vous annoncent un « x20 » ou « x40 » fixe. Ici, un algorithme calcule en continu le risque de votre portefeuille. En gros :
- Opération intraday sur des actions américaines liquides — IBKR peut vous laisser aller jusqu’à x3 ou x4 de votre capital
- Opération laissée plus d’un jour — maximum x2
- IBKR ne tient pas compte de l’endroit où vous avez le stop loss — il ne regarde que l’argent investi et l’argent levier
Par défaut, les comptes chez ProRealTime s’ouvrent en type margin (avec effet de levier), sauf si le client ne passe pas les critères du KYC. Chez Saxobank, en revanche, les comptes pour actions sont toujours de type cash, sans effet de levier. Ce qui le rend idéal pour qui ne veut pas de levier et veut trader des actions espagnoles à bon prix.
Revenu fixe : les obligations directement chez Interactive Brokers
Les obligations ne s’achètent pas depuis ProRealTime, mais depuis l’interface de gestion de compte d’Interactive Brokers. Là, vous pouvez acheter des T-Bills, de la dette corporate américaine (Apple, Coca-Cola, Santander…) et bien d’autres types de revenu fixe. Le montant minimum est généralement de 1 000 €, pas 200, gardez-le à l’esprit.
Smart Routing : le joyau caché
Pour moi, l’une des fonctionnalités les plus importantes qu’a Interactive Brokers (et Saxobank) et que presque personne n’apprécie. Une action ne cote pas sur une seule place de marché — Banco Santander, par exemple, cote à la Bourse de Madrid, sur CBOE, sur EuroStoxx et sur d’autres places plus petites.
Le Smart Routing cherche automatiquement le meilleur prix pour le client, peu importe où vous placez l’ordre. Le courtier ne garde pas la différence — il la transmet au client. C’est exactement l’inverse de ce que font beaucoup de néobanques aux « commissions zéro » qui, en réalité, prennent leur commission dans le spread, généralement bien plus cher que n’importe quelle commission explicite.
Différences pratiques entre Interactive Brokers et Saxobank
Les deux sont d’excellents courtiers, très puissants, mais leur profil de client est différent :
- Saxobank — plus intéressant pour qui trade des actions espagnoles (moins cher qu’IBKR), compte cash par défaut, garantie de 100 000 €
- Interactive Brokers — bien plus compétitif sur les actions américaines, compte margin par défaut, garantie de 20 000 €, plus grande variété de produits
Anecdote : Interactive Brokers fait déjà partie du S&P 500. Et le volume moyen d’un client retail chez IBKR est de 160 000 € — des gens à qui la garantie de liquidité de 20 000 importe relativement peu.
Multidevise : l’astuce que personne ne vous explique
Voici l’une des questions les plus récurrentes que je reçois. Interactive Brokers est un courtier professionnel avec des comptes multidevises. Quand, en tant qu’Européen, vous envoyez des euros et tradez sur le marché américain sans avoir converti en dollars, IBKR ne fait pas de conversion automatique — il vous prête les dollars nécessaires à cette opération.
De plus, un compte multidevise permet de spéculer sur les devises — certains clients gardent une partie de leur capital en francs suisses pour la stabilité, par exemple. Et il n’est jamais inutile de rappeler qu’en 2025 l’euro-dollar a bougé de 12-15 %, donc qui a investi dans le S&P 500 en début d’année sans couvrir le change a perdu de l’argent bien que l’indice ait monté de 14 %.
Vente à découvert : quand le courtier ne vous laisse pas faire
Autre doute très récurrent : pourquoi parfois ça ne me laisse pas vendre à découvert ? Vendre à découvert signifie que le courtier vous prête des actions d’un autre client pour que vous les vendiez et les rachetiez plus bas. Si l’action n’est pas assez liquide, il n’y a pas d’actions disponibles sur les comptes d’autres clients à prêter — et l’ordre est rejeté.
Tant que vous ne lancez pas l’ordre, vous ne savez pas vraiment s’il y aura assez d’actions pour vous à découvert. Saxobank ne permet pas les ventes à découvert directement, mais bien via des CFD. Interactive Brokers permet les ventes à découvert sur environ 90 % des actions (les plus liquides).
Conclusion
Ce fut un plaisir de passer sur Tu Foro de Bolsa et de pouvoir répondre en direct à tant de questions réelles qui me parviennent régulièrement. Si vous travaillez avec ProRealTime connecté à Interactive Brokers ou Saxobank, j’espère que ce résumé vous aidera à tirer bien plus parti de la plateforme — de la version 13 aux détails opérationnels du quotidien comme la devise, le smart routing ou l’effet de levier. Pour voir le podcast complet, la vidéo est ci-dessus.