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Premiers pas

La liquidité sur les options : l’erreur silencieuse qui vous coûte de l’argent

La liquidité sur les options peut vous faire perdre de l'argent même si votre analyse est bonne. Apprenez à lire le bid/ask, le spread, le volume et l'open interest avant de trader.

Je veux te parler de l’une des erreurs les plus silencieuses quand tu commences à trader des options. Je ne parle pas de te tromper de direction, ni d’acheter un call et de voir l’action baisser. Je parle de quelque chose de bien moins visible qui peut te faire perdre de l’argent même si ton analyse est bonne : la liquidité. Tu peux choisir le bon strike, la bonne échéance et même avoir raison sur le mouvement, mais si tu trades une option sans liquidité tu peux commencer à perdre dès la première seconde.

Le prix que tu vois n’est pas le prix auquel tu trades

Beaucoup de débutants regardent si la prime semble bon marché et combien ils pourraient gagner, mais ils ne vérifient pas s’ils peuvent vraiment entrer et sortir de cette position à un prix raisonnable. Et sur les options c’est essentiel : le prix que tu vois à l’écran est une chose, et le prix auquel tu peux réellement acheter ou vendre en est une autre, bien différente.

Pourquoi la liquidité est fragmentée sur les options

Sur une action très liquide, l’écart entre l’achat et la vente est très faible (le spread naturel du marché). Mais sur les options chaque action a plusieurs échéances, chaque échéance de nombreux strikes, et chaque strike ses calls et ses puts. La liquidité se répartit entre tous : certains contrats ont beaucoup d’activité et d’autres sont pratiquement morts.

Bid, ask et le spread

La première chose à toujours regarder, c’est le bid et l’ask :

  • Bid — le prix auquel quelqu’un est prêt à t’acheter l’option
  • Ask — le prix auquel quelqu’un est prêt à te la vendre
  • La différence entre les deux est le spread (la fourchette) : l’un des coûts les plus importants et les plus ignorés sur les options
L’exemple qui rend tout clair

Une option avec un bid à 1,00 et un ask à 1,05 : la différence est petite, raisonnable. Mais une autre avec un bid à 1,00 et un ask à 1,40 (prix moyen 1,20) : tu pourrais penser qu’elle vaut 1,20… mais pour l’acheter tu paieras près de 1,40 et pour la vendre tu seras près de 1,00. Si tu l’achètes et que tu voulais la revendre deux secondes plus tard —sans que l’action ait bougé— tu as déjà perdu énormément rien que sur le spread. Ce trou est créé par la mauvaise liquidité.

Entrer est facile ; sortir, c’est le difficile

Avec les options, il ne suffit pas de dire « cette prime me plaît ». Il faut se demander à quel prix je peux vraiment entrer et, surtout, à quel prix je pourrai sortir si je dois clôturer. Ouvrir une position est généralement facile ; le compliqué, souvent, c’est d’en sortir. Et la liquidité a tendance à s’assécher justement quand tout le monde veut clôturer ou quand l’échéance touche à sa fin.

Attention au dernier prix (last price)

Une autre erreur très courante est de ne regarder que le dernier prix négocié (le last price). Une option peut afficher un dernier prix de 2 dollars parce que c’était la dernière transaction croisée… mais c’était peut-être il y a des heures, et en ce moment le bid est à 1,60 et l’ask à 2,40. Vaut-elle vraiment 2 dollars ? Non : c’est le prix où le dernier ordre a été exécuté, pas ce qu’elle vaut maintenant. L’important est de regarder où se trouvent le bid et l’ask, où est le marché réel.

Volume et open interest : ce n’est pas la même chose

  • Volume — combien de contrats ont été négociés pendant la séance d’aujourd’hui
  • Open interest — combien de contrats restent ouverts

Une option peut avoir beaucoup d’open interest mais peu de volume aujourd’hui ; ou l’inverse, un volume ponctuel dû à une opération précise d’une « baleine » sans être liquide. C’est pourquoi l’idéal est de regarder plusieurs signaux ensemble : bid/ask raisonnables, volume suffisant, un open interest correct et des strikes avec des fourchettes serrées. Si tu vois une option avec un spread énorme, un volume nul et un open interest très bas, éloigne-toi.

Toutes les actions ne conviennent pas pour trader des options

Même s’il existe des options disponibles, cela ne veut pas dire qu’elles sont réellement tradables. Une entreprise peut être excellente comme investissement et avoir, en même temps, une chaîne d’options horrible. La liquidité décide si cette chaîne est tradable ou non.

Dans les stratégies à plusieurs jambes, encore plus critique

Cela devient bien plus important quand tu montes des stratégies à plusieurs jambes — spreads, iron condors, calendars, diagonals. Chaque fois que tu achètes et vends un contrat, tu accumules du spread, donc les coûts se multiplient. Et si une seule des jambes a une mauvaise liquidité, elle peut gâcher toute la position.

Bien souvent le graphique de risque (payoff) semble parfait, mais au moment d’exécuter la position il s’évanouit. C’est pourquoi, avant de tomber amoureux d’une stratégie que tu as construite, vérifie toujours la liquidité avant de l’exécuter.

Jamais avec des ordres au marché

Sur les options, en règle générale, ne trade pas avec des ordres au marché — même pas sur les plus liquides. Utilise toujours des ordres à cours limité pour éviter le slippage et des fourchettes plus larges. Sur une plateforme comme ProRealTime tu peux voir le bid, l’ask, le volume et l’open interest de chaque contrat avant de lancer l’ordre à cours limité.

Les questions qui te sauvent des mauvaises positions

Avant de monter la stratégie


Puis-je entrer et sortir correctement ?

La fourchette (bid/ask) a-t-elle du sens ?

Y a-t-il du volume ?

Y a-t-il de l’open interest ?

Le prix que je vois est-il réel ou fictif (un ancien last price) ?

La liquidité n’est pas un détail minuscule : elle fait partie de la position. On ne peut pas la laisser pour « je verrai plus tard » — il faut la regarder avant de monter la stratégie, avant de calculer les bénéfices et même avant de te faire des illusions sur la prime que tu vas encaisser.

Conclusion

Trader des options, ce n’est pas courir après les primes : c’est comprendre le risque, la probabilité, le temps et, bien sûr, la liquidité. Le prix que tu vois à l’écran n’est pas toujours le prix auquel tu pourras trader, et cette différence —la fourchette— est un coût réel trop souvent ignoré. Pose-toi les bonnes questions avant d’entrer et tu t’éviteras beaucoup de mauvaises positions. Et si tu veux voir un autre cas où avoir raison sur la direction ne suffit pas, jette un œil à l’article sur comment trader les earnings et l’IV Crash.

Aleix
Écrit par

Aleix

Trader d'options pour compte propre et formateur chez Campus Opciones. Plus de 7 ans d'expérience sur les marchés avec actions, futures et options.

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